La ROAM a souhaité que des dirigeantes de structures d’assurance adhérentes s’expriment en cette journée des droits de la femme sur divers sujets. C’est une belle initiative et pour ce qui concerne MADP Assurances, c’est l’occasion de rappeler à tous que nous avons encore du chemin à faire mais que les défis ne sont pas seulement l’affaire des femmes.

« En ce 8 mars, nous avons interrogé les femmes dirigeantes de sociétés adhérentes Roam.

Voici la question posée à Jacqueline Moreau – DG de MADP Assurances : « Quelles recommandations pourriez-vous faire pour rendre davantage compatible la vie de famille et la vie professionnelle ? »

Les deux années que nous venons de vivre ont imposé le télétravail à nos entreprises et bousculé nos modes de vie personnels. Le télétravail, requis pour tous au départ, puis progressivement intégré de manière volontaire à nos modes de vie en communauté nous a obligé, toutes et tous, à nous réinterroger sur l’équilibre entre nos vies de famille et nos vies professionnelles.

Jusqu’à il y a une dizaine d’années environ, nos agendas professionnels étaient tout à fait étanches à nos temps privés au sein de nos foyers. L’entreprise était relativement peu à l’écoute des contraintes personnelles et faisait reposer sur chaque femme le soin d’organiser son foyer pour qu’il n’interfère pas avec les modes de fonctionnement professionnels. La généralisation du nomadisme et des messageries accessibles en permanence avait déjà rendu très poreux nos agendas, en rognant progressivement les temps « réservés » à la vie de famille. Le télétravail nous a montré qu’il n’existait plus de frontière normée s’imposant à toutes et tous, en même temps et de la même manière (fin des horaires fixes, des lieux dédiés, des espaces réservés) mais que c’était bien à chacune et chacun de définir le mode de fonctionnement idéal en tenant compte de son contexte personnel.

Dès lors, trouver le bon équilibre n’est pas simplement une question de bonne organisation de son temps professionnel. L’entreprise n’est pas, à elle seule, l’émettrice des bonnes pratiques. C’est avant tout, une question de dialogue et de confiance, tant en interne au sein des entreprises, qu’en interne au sein de chaque foyer.

Pour permettre à chaque femme, mère, collaboratrice de mettre en place le meilleur équilibre au sein de chaque famille, l’entreprise doit lui offrir un cadre reposant sur quatre piliers :

– l’adaptabilité des horaires en fonction des situations propres à chaque famille en évitant d’imposer une règle unique à toutes (par exemple, permettre à une mère isolée ayant un enfant en bas âge d’avoir des horaires différents de ceux d’une mère avec conjoint ayant deux adolescents autonomes),

– la confiance sur l’organisation individuelle la plus efficace pour chaque collaborateur (par exemple, permettre à qui le souhaite de pouvoir être à la maison pour le retour de l’école ou pour l’heure du bain avant de recommencer à travailler après le coucher des enfants),

– le respect des moments de déconnexion en faisant accepter à tous les managers que le temps réel n’est pas toujours la norme pour tous les sujets, en permanence, et qu’un droit à la déconnexion est possible,

– la flexibilité des modalités de télétravail en les adaptant, par exemple, aux temps de transports et aux contraintes scolaires de chacune et en formant les managers hommes et femmes à la prise en compte des contraintes de famille dans l’organisation des équipes.

Ce que la récente crise sanitaire nous a enseigné, entre autres, c’est qu’il est possible de concilier plus que jamais vie de famille et grande implication professionnelle et que ce sujet n’est pas un « problème / défi à résoudre par chaque femme » mais bien un sujet devant faire l’objet d’un dialogue constructif et personnalisé tant au sein de chaque famille que de chaque entreprise. »